{"id":120,"date":"2015-05-25T03:58:51","date_gmt":"2015-05-25T02:58:51","guid":{"rendered":"http:\/\/shglb.iftsn.com\/?p=120"},"modified":"2015-06-21T09:24:22","modified_gmt":"2015-06-21T14:24:22","slug":"domaine-de-laperade","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/shglb.com\/index.php\/2015\/05\/25\/domaine-de-laperade\/","title":{"rendered":"Domaine de Lap\u00e9rade"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong>Fran\u00e7ois Baby, promoteur immobilier<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/shglb.com\/index.php\/2015\/05\/25\/le-site-du-manoir\/\">Charles-Fran\u00e7ois-Xavier Baby<\/a>, est n\u00e9 en 1794; son p\u00e8re \u00e9tait Fran\u00e7ois Baby, et sa m\u00e8re, Marie-Anne Tarieu de La Naudi\u00e8re.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Baby, promoteur immobilier.<\/p>\n<p>1844\u2026<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Baby a de s\u00e9rieuses difficult\u00e9s financi\u00e8res; pour se tirer d\u2019affaire, il imagine de subdiviser un grand terrain lui appartenant en petits lots destin\u00e9s \u00e0 la construction de maisons individuelles; c\u2019est probablement aussi pour prot\u00e9ger ses droits, car, quelques mois plus tard, l\u2019Acte des municipalit\u00e9s vient r\u00e9glementer la gestion de certaines agglom\u00e9rations; de fait, Saint-Pierre-les-Becquets devient, en 1845, une municipalit\u00e9 de paroisse.<\/p>\n<p>Il mandate Pierre-Louis Morin, arpenteur, pour dresser un plan de ce qu\u2019il va nommer le \u00ab Domaine de Lap\u00e9rade \u00bb, en l\u2019honneur de sa m\u00e8re, madame Tarieu Lap\u00e9rade de La Naudi\u00e8re; les plans seront pr\u00e9sent\u00e9s en d\u00e9cembre 1844.<\/p>\n<p>Ce terrain , de dix-sept arpents, est d\u00e9limit\u00e9 au nord par la falaise et le manoir; au sud, par une coul\u00e9e qui coupe sa terre en deux; \u00e0 l\u2019est par la terre de Joseph Dionne, et \u00e0 l\u2019ouest par les terrains de l\u2019\u00e9glise paroissiale; l\u2019arpenteur Pierre-Louis Morin pr\u00e9voit 99 emplacements, dont 10 de formes irr\u00e9guli\u00e8res, \u00e0 cause du ravin au sud, et de l\u2019auberge de Chaillez au coin nord-est; tous les autres terrains sont identiques, et de 50 pieds par 77. Ces lots sont distribu\u00e9s en neuf \u00eelots s\u00e9par\u00e9s par des rues se coupant \u00e0 angle droit, d\u2019inspiration r\u00e9solument moderne. En fait, de nombreux lotissements actuels adoptent un plan d\u2019ensemble comparable, et des dimensions similaires.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-469 aligncenter\" src=\"https:\/\/shglb.com\/wp-content\/uploads\/Scan0004-Large.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"418\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Ci-haut, le plan de 1844, pr\u00e9sent\u00e9 par l&#8217;arpenteur Pierre-Louis Morin<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">En bas, ce qui \u00e9tait r\u00e9alis\u00e9 du domaine de Lap\u00e9rade, en 1872<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-470 size-full aligncenter\" src=\"https:\/\/shglb.com\/wp-content\/uploads\/Scan0005-Small.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"401\" \/><\/p>\n<p>Dans les actes de vente de ces petits lots, on retrouve beaucoup d\u2019exigences; l\u2019obligation de cl\u00f4turer le terrain, d\u2019entretenir les chemins contigus, de construire une maison de 25 pieds par 25 dans l\u2019ann\u00e9e, de la blanchir \u00e0 la chaux aux deux ans; le terrain est aussi assujetti \u00e0 une rente fonci\u00e8re, de une livre et dix chelins par an; le vendeur se r\u00e9serve le droit de saisir le lot si certaines conditions ne sont pas respect\u00e9es. Quelques terrains trouvent preneur dans les ann\u00e9es suivantes, et plusieurs habitations sont \u00e9rig\u00e9es. Il ne semble pas que Fran\u00e7ois Baby ait \u00e9t\u00e9 contraint de saisir des lots, \u00e0 cause de clauses non respect\u00e9es; mais combien d&#8217;acheteurs potentiels ont \u00e9t\u00e9 rebut\u00e9s par ces exigences, l&#8217;histoire ne le dit pas.<\/p>\n<p>Mais Fran\u00e7ois Baby \u00e9parpille ses efforts, exploite les for\u00eats de la r\u00e9gion, poss\u00e8de des bateaux, obtient des contrats pour la construction de quais et de phares, d\u2019un chemin de fer sur la rive nord, d\u2019un service de remorquage de navires entre Qu\u00e9bec et Le Bic, sans oublier ses activit\u00e9s agricoles \u00e0 Saint-Pierre. De fait, il d\u00e9laisse la petite localit\u00e9 pour s&#8217;\u00e9tablir \u00e0 Qu\u00e9bec; il s\u2019int\u00e9resse moins \u00e0 son entreprise immobili\u00e8re, et celle-ci stagne; en dix ans, seulement une douzaine de lots ont \u00e9t\u00e9 conc\u00e9d\u00e9s.<\/p>\n<p>Ainsi, le 14 d\u00e9cembre 1844, deux lots sont conc\u00e9d\u00e9s, le 86 (selon la d\u00e9signation du cadastre de 1872, encore en vigueur aujourd\u2019hui) \u00e0 Louis Mainguy, cultivateur, et le 87, \u00e0 Joseph C\u00f4t\u00e9, cordonnier. En 1845, le 16 juin, Josu\u00e9 Brisson, cultivateur, devient le concessionnaire du lot 88.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-481\" src=\"https:\/\/shglb.com\/wp-content\/uploads\/Une-rue-de-St-Pierre....jpg\" alt=\"Une rue de St-Pierre...\" width=\"640\" height=\"417\" \/><br \/>\nL&#8217;\u00e9glise, \u00e0 droite, est long\u00e9e d&#8217;un trottoir de bois; \u00e0 gauche, la maison de Fran\u00e7ois Mailly (Magny ou Mainguy), avec ses trois lucarnes, situ\u00e9e sur le lot 86; cette belle photographie a \u00e9t\u00e9 prise au d\u00e9but du si\u00e8cle par le r\u00e9put\u00e9 Pinsonneault de Trois-Rivi\u00e8res, qui nous a ainsi laiss\u00e9 de nombreux clich\u00e9s pr\u00e9cieux.<\/p>\n<p>Il faudra attendre cinq ans pour qu\u2019un autre lot soit c\u00e9d\u00e9, le 81, \u00e0 Augustin Poudrier, pl\u00e2trier de son m\u00e9tier; ceci se passait le 14 mars 1850. On remarque que, sur la carte de 1844, le lot 81, plus large que les autres, occupait, en plus du lot \u00ab normal \u00bb, l\u2019espace pr\u00e9vu pour la rue Saint-Fran\u00e7ois, qui ne fut pas ouverte.<\/p>\n<p>Puis, le 28 janvier 1851, Fran\u00e7ois Magny, traversier, se porte acqu\u00e9reur du lot 85, suivi, le lendemain, par Eus\u00e8be Coulombe, cordonnier, qui devient propri\u00e9taire du lot voisin, le 84. Le 6 juin 1851, Lucie Jacques, sans profession (les femmes ne travaillaient pas, en ces temps-l\u00e0), acquiert le 80.<\/p>\n<p>Quelques mois plus tard, le 27 d\u00e9cembre 1852, Sim\u00e9on Charland, ferblantier, devient propri\u00e9taire du 79. Ainsi, presque tous les lots faisant face aux terrains de l\u2019\u00e9glise sont occup\u00e9s.<\/p>\n<p>Enfin, le 25 juillet 1853, les lots 69, 70, 71 et 73, sont accord\u00e9s \u00e0, respectivement, Luc Matte, menuisier; Fran\u00e7ois Courteau, \u00e9galement menuisier; Jacques marcellin, cultivateur, et Magloire Baril, commer\u00e7ant. Journ\u00e9e bien occup\u00e9e pour le notaire F\u00e9lix B\u00e9dard\u2026<\/p>\n<p>En neuf ans, seulement une douzaine d\u2019emplacements sont conc\u00e9d\u00e9s; sur la centaine de pr\u00e9vue, c\u2019est peu; et, semble-t-il, jusqu\u2019au d\u00e9c\u00e8s de Fran\u00e7ois Baby, en 1864, aucun lot ne sera conc\u00e9d\u00e9; pourquoi?<\/p>\n<p>Le terrain \u00e9tant conc\u00e9d\u00e9, il n\u2019y avait pas de prix de vente, mais des versements annuels \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9, comme un loyer; un cens, qui \u00e9tait une redevance; la rente annuelle de une livre et 10 chelins, \u00e9quivalent \u00e0 sept piastres de l\u2019\u00e9poque, \u00e9tait assez \u00e9lev\u00e9e pour un petit terrain, mais justifi\u00e9e par sa situation en plein c\u0153ur du village. Un droit de mutation, de dix pour cent de la valeur de la propri\u00e9t\u00e9, frappait le nouveau propri\u00e9taire. Mais tout ceci \u00e9tait tout \u00e0 fait acceptable, \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Les exigences en fait de d\u00e9lai de construction n\u2019ont pas sembl\u00e9 rebuter les clients; chaque maison a \u00e9t\u00e9 construite dans les d\u00e9lais prescrits.<\/p>\n<p>Les contraintes dues \u00e0 la proximit\u00e9 des voisins, comme le blanchissage \u00e0 la chaux, aux deux ans, de la cl\u00f4ture et de la maison, l\u2019ouverture et l\u2019entretien des voies de circulation, ont \u00e9t\u00e9 bien accept\u00e9es.<\/p>\n<p>Il semble aussi que Fran\u00e7ois Baby avait des sources de revenu plus int\u00e9ressantes, plus lucratives; son commerce du bois, ses activit\u00e9s agricoles, maritimes et ferroviaires, les rentes seigneuriales, ses contrats de constructions, devaient pr\u00e9senter plus d\u2019attraits. C\u00e9der une parcelle de terrain, pour en retirer une somme modeste ne lui souriait plus autant. De plus, il habitait maintenant la grande ville de Qu\u00e9bec, et se d\u00e9sint\u00e9ressait d\u2019un projet qui avait eu de la difficult\u00e9 \u00e0 d\u00e9marrer.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s Jacques Crocheti\u00e8re, l\u2019absence d\u2019\u00e9tablissement commercial, manufacture, fabrique, n\u2019a pas incit\u00e9 les gens \u00e0 s\u2019\u00e9tablir dans le village, et ce serait un facteur incontournable expliquant l\u2019\u00e9chec de ce projet; ceci reste tout \u00e0 fait d\u2019actualit\u00e9; en effet, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 l\u2019on se parle, la pr\u00e9occupation majeure des \u00e9lus municipaux est encore d\u2019attirer des moteurs de l\u2019\u00e9conomie, qui sont un gage de survie.<\/p>\n<p>Ce qui reste de ce projet, c&#8217;est un groupe de maisons, le long de la rue Marie-Victorin, face aux terrains de l\u2019\u00e9glise, et les maisons de la rue Lap\u00e9rade. Plusieurs datent des ann\u00e9es 1845.<\/p>\n<p>Sources : une tr\u00e8s grande partie des faits relat\u00e9s ici proviennent de l\u2019excellent ouvrage de Jacques Crocheti\u00e8re, et de recherches aux archives nationales de Qu\u00e9bec.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fran\u00e7ois Baby, promoteur immobilier Charles-Fran\u00e7ois-Xavier Baby, est n\u00e9 en 1794; son p\u00e8re \u00e9tait Fran\u00e7ois Baby, et sa m\u00e8re, Marie-Anne Tarieu de La Naudi\u00e8re. Fran\u00e7ois Baby, promoteur immobilier. 1844\u2026 Fran\u00e7ois Baby a de s\u00e9rieuses difficult\u00e9s financi\u00e8res; pour se tirer d\u2019affaire, il imagine de subdiviser un grand terrain lui appartenant en petits lots destin\u00e9s \u00e0 la construction [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[17],"tags":[],"class_list":["post-120","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-seigneurie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/shglb.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/120","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/shglb.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/shglb.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/shglb.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/shglb.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=120"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/shglb.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/120\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":623,"href":"https:\/\/shglb.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/120\/revisions\/623"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/shglb.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=120"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/shglb.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=120"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/shglb.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=120"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}